Casa Batlló (Barcelone)

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Galerie photos #24

À propos de la galerie

Histoire de la Casa Batlló

La Casa Batlló se situe au numéro 43 du Paseo de Gracia, une voie qui, par le passé, connectait la ville à la « Villa de Gracia », aujourd’hui pleinement intégrée comme un quartier de la ville.

À partir de 1860, année de l’approbation d’un ambitieux plan d’urbanisme à Barcelone (Le Plan Cerda) le Paseo de Gracia fut tracé comme son axe principal et commencent alors à s’installer ici les résidences des familles les plus illustres de la ville. La rue devient ainsi, au XIXe siècle, une promenade pour les piétons et pour les coches et, à partir du XXe siècle, une avenue principale pour les automobiles. A l’origine, le bâtiment avait été construit en 1877, par Emilio Sala Cortes (l’un des professeurs d’architecture de Gaudi), alors que l’éclairage électrique n’existait pas encore à Barcelone. En 1903, Josep Batlló i Casanovas, un industriel du textile, propriétaire de plusieurs usines à Barcelone et important homme d’affaires, en fit l’acquisition.

Josep Batlló laissa libre cours à la créativité d’Antoni Gaudí, en le chargeant de travaux qui, en principe, reposaient sur la démolition du bâtiment. Cependant, grâce à l’audace de Gaudí, la démolition de la Casa fut écartée, pour en mener une rénovation complète, entre 1904 et 1906. L’architecte changea complètement la façade, en redistribuant les cloisons intérieures, en agrandissant le patio et en faisant de son intérieur une véritable œuvre d’art. Outre sa valeur artistique, l’œuvre revêt une fonctionnalité énorme, qui appartient davantage à notre époque qu’au passé. Il y en a même qui voient en elle des éléments précurseurs des mouvements d’avant-garde de l’architecture de la fin du XXe siècle.

A côté de la Casa Batlló et à la même époque, de remarquables architectes rénovèrent d’autres maisons, en étant alors en compétition pour les prix d’urbanisme, lancés par la Mairie de Barcelone, de là que ce tronçon soit connu comme  » La Pomme de Discorde « . Ces maisons étaient également de style moderniste et, conjointement à la Casa Batlló, elles forment actuellement un ensemble unique composé de :

  • Casa Amatller (de l’architecte Josep Puig i Cadafalch).
  • Casa Lleó Morera (de Lluís Domènech i Montaner).
  • Casa Mulleras (Enric Sagnier).
  • Casa Josefina Bonet (Marcel-li Coquillat).

La Casa Batlló cessa d’appartenir à la famille Batlló, dans les années 50. Après avoir accueilli diverses entreprises et des particuliers, depuis les années 90 le bâtiment appartient aux propriétaires actuels, la famille Bernat, qui l’a entièrement restauré. En 1995, la famille ouvre la maison au public et elle présente ce joyau de l’architecture au monde, en proposant l’espace pour des événements. À partir de 2002, en coïncidant avec l’Année internationale Gaudi, la Casa Batlló accueille également des visites culturelles. Les deux activités se développent actuellement, en innovant constamment dans l’offre et les contenus. Actuellement, la Casa Batlló fait partie du Patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est une icône de Barcelone, un arrêt incontournable, pour connaître l’œuvre de Gaudí et le modernisme, dans sa plus haute expression. C’est également l’une des attractions culturelles et touristiques les plus prisées, en accueillant 1 million de visiteurs par an.

Une façade surprenante

La Casa Batlló est une apologie du bonheur, une toile d’inspiration marine, un monde onirique qui évoque la nature et la fantaisie. Sa façade est la porte d’accès vers cet univers symbolique, et la contempler inspire des sentiments ayant pour fond un dialogue continu avec la lumière et la couleur. Sa nature spectaculaire ne laisse personne indifférent et fait que les passants s’arrêtent pour la regarder, à n’importe quelle heure de la journée.

Gaudí dota la Casa Batlló d’une façade originale et pleine d’imagination, en agissant comme un peintre libre et heureux. Il créa ainsi une façade exubérante et marine, en ajoutant des sculpture involontaires, des matériaux recyclés et des objets décontextualisés qu’il convertit en art. Il s’en dégage l’effet d’une surface ondulée où la pierre, le verre et la céramique sont les protagonistes. Lorsque la façade reçoit les premières lueurs du matin, l’éclat et les scintillements lui donnent vie, ainsi qu’un mouvement harmonieux et équilibré, comme s’il s’agissait d’un élément vivant du paysage urbain. Lumière et couleur s’unissent pour vous inviter à un voyage à travers la mer, la beauté et la joie.

Au rez-de-chaussée, au premier ou étage noble, la façade intègre de sveltes colonnes en pierre aux formes osseuses, ornées d’éléments floraux, typiques au modernisme. D’un autre côté, les rambardes des balcons ont la forme de masques. Elles sont faites en fonte de fer coulé en une seule pièce et fixées à travers deux points d’ancrage, de sorte qu’une partie se trouve en saillie.

Le bâtiment est couronné par une spectaculaire toiture composée par de grandes écailles qui reproduisent le dos d’un animal. Sa partie supérieure est composée de pièces sphériques de grandes dimensions, aux couleurs chatoyantes, d’une extrémité à l’autre. L’autre élément principal, c’est une tour d’où dépasse une croix à quatre branches qui indique les points cardinaux.

Le couronnement de la façade, qui ressemble au dos d’un dragon, associé à la croix à quatre branches (qui représenterait le pommeau d’une épée), ont donné lieu à des interprétations populaires autour de la légende de Sant Jordi (Saint Georges), saint patron de la Catalogne. La légende raconte que Saint Georges terrassa le dragon de son épée, afin de sauver la princesse et la population de la furie de l’animal. Dans cette interprétation la conception de la toiture symboliserait l’épée clouée au dragon, et les colonnes en forme d’os rappelleraient ses victimes. En fait, tout au long de l’histoire, la Casa Batlló a été connue comme la maison des os ou la maison du dragon.

D’autres ont vu en elle un paysage aquatique qui rappelle la série de toiles de Monet Les Nymphéas, pour son recouvrement coloris en céramique vitrée et fragments de verre cassé. Un autre génie, Salvador Dalí, met l’accent sur cette interprétation marine :

« Gaudí a construit une maison d’après les formes de la mer, en représentant les vagues par un jour calme. Véritable sculpture des reflets des nuages crépusculaires dans l’eau, d’où émergent les formes de l’eau étendue, les formes de l’eau qui s’étendent, les formes de l’eau stagnante, les formes de l’eau miroitante et les formes de l’eau bouclées par le vent. »

De son côté, Gaudí n’a jamais expliqué son œuvre et il dirigea les travaux de la façade à partir de l’extérieur, sans plans précis, comme c’était coutumier chez lui. Il nous laissa ainsi une Casa pleine de symboles, un imaginaire fantastique, une toile qui raconte une histoire pratiquement indéchiffrable, afin que chacun la complète à travers sa propre imagination.

Un intérieur remplit d’art

L’intérieur de la Casa Batlló est un prodige de design. Gaudí collabora avec les meilleurs artisans de l’époque, en travaillant le fer forgé, le bois, les vitraux, les carrelages en céramique, les ornements en pierre… En parcourant la maison, les détails ne cessent de nous surprendre. Les portes des étages sont identifiées par des lettres aux accents modernistes. Les carreaux en verre de chaque palier déforment le carrelage du patio, en les transformant en belles ondulations d’eau. Les poignées et les rampes ont des formes ergonomiques… C’est une œuvre d’art totale, où l’artiste intervient sur tout : conception, couleur, forme, espace et lumière. Toute cette exubérance nous submerge. Mais, le plus surprenant, c’est qu’elle est toujours liée à la fonctionnalité. Beauté et fonction s’unissent dans chaque partie de l’édifice, du hall d’entrée au toit terrasse.

À partir du hall d’entrée communautaire du rez-de-chaussée, et à travers une imposante grille moderniste, on accède dans le hall privé de la famille Batlló, premier arrêt de la visite. Cet espace évoque une ambiance sous-marine qui nous transporte vers le monde fantastique de Jules Verne, avec des lanterneaux qui ressemblent à des carapaces de tortue, des murs voûtés aux formes sinueuses et un escalier spectaculaire en bois. Sa rampe, taillée en bois noble, représente l’échine d’un grand animal qui s’érige à travers des creux impossibles.

L’Étage noble est le cœur de la maison, un salon unique qui représente la plus haute expression du modernisme et qui nous explique comment vivait la bourgeoisie de l’époque. À cet étage nous trouvons, tout d’abord, le bureau de Monsieur Batlló et une curieuse cheminée en forme de champignon. Ensuite, on accède au salon principal de la maison où l’élément central est une baie vitrée de grandes dimensions qui donne forme à une tribune sur le Paseo de Gracia, idéale pour voir et être vu. Parmi d’autres éléments, se détachent les grandes portes en chêne aux formes organiques, sur lesquelles Gaudí a intégré des carreaux en verre coloré, ainsi qu’un toit entièrement ondulé qui fait allusion à la force de la mer.

Le patio est une partie essentielle de la Casa, car c’est à travers celui-ci que se distribue l’air et la lumière qui entrent par la lucarne principale. Gaudí agrandit le patio (il n’y en avait qu’un et il en fait 2), afin que la lumière naturelle parvienne dans toutes les pièces de la Casa. En outre, il l’a recouvert de carrelage de différents tons de bleu (plus intenses dans la partie supérieure et plus clairs dans la partie inférieure), afin d’obtenir une distribution uniforme de la lumière. En suivant la même logique, les fenêtres du haut sont plus petites et au fur et à mesure que l’on descend elles deviennent plus grandes (pour faire entrer davantage de lumière). La partie inférieure des fenêtres dispose d’interstices en bois qui peuvent s’ouvrir ou se fermer, pour régler l’aération. Dans la partie centrale du patio Gaudí installa l’ascenseur, dont la belle cabine en bois d’origine, est toujours en fonctionnement.

De la salle à manger privée de la famille Batlló, située dans la partie intérieure de l’Étage noble, on accède à l’exclusif patio arrière, une petite oasis au milieu de la ville, conçue pour en profiter l’après-midi. Cet espace est remarquable pour son revêtement de sol et pour les cache-pots recouverts de céramique et de verre, comme grand élément décoratif.

Les combles sont l’un des espaces les plus singuliers, une combinaison exquise d’esthétique et de fonctionnalité. Il s’agit d’une zone de services, pour les locataires de l’immeuble, qui comprend des lavoirs, des débarras… Ils se caractérisent par la simplicité de leurs formes, l’inspiration méditerranéenne à travers la couleur blanche et l’omniprésence de la lumière. Une succession de 60 arcs caténaires se détache, en obtenant ainsi un espace qui évoque la cage thoracique d’un animal.

Sur le toit terrasse, on remarque ce que l’on connaît populairement comme l’échine du dragon, qui caractérise la façade et que Gaudí représente avec des tuiles de diverses couleurs. Cependant, les véritables protagonistes du toit terrasse ce sont les 4 cheminées aux formes sinueuses et polychromées, conçues pour empêcher que l’air souffle à nouveau vers l’intérieur. À nouveau, la beauté et la fonctionnalité s’unissent dans la plus belle et la plus représentative Casa du modernisme catalan.

Visiter la Casa Battló de Barcelone

La Casa Batlló constitue un formidable témoignage de la créativité et du génie de l’architecte et du modernisme en Catalogne. Depuis 2005, il est classé patrimoine mondial de l’UNESCO. L’immeuble abrite désormais le musée moderniste d’Antoni Gaudí et est ouvert au public depuis 2002. En 2011, plus de 600 000 personnes l’ont visité. Je vous conseille donc de prévoir votre visite à l’avance pour éviter les files d’attente.

Durée de la visite : 1 heure 45 minutes

Localisation de la Casa Battló

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