Valérian et la Cité des Mille Planètes

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Valérian

Introduction

Vingt ans après Le Cinquième Élément, Luc Besson revient au space-opera avec une adaptation de la BD française Valérian et Laureline. Désormais production française la plus onéreuse de l’histoire, Valérian et la Cité des Mille Planètes signe le retour gagnant du réalisateur dans un genre qu’il affectionne particulièrement.

En bref

6.7 / 10

Date de sortie française : 26/07/2017
Durée : 137 min
De : Luc BESSON
Genre : Action, Aventure, Fantastique, Science-Fiction
Pays : France, Chine, Belgique, EAU, USA, Allemagne, Canada, Angleterre

Avec : Dane DEHAAN (Valérian), Cara DELEVINGNE (Laureline), Clive OWEN (Commandant Arün Filitt), Rihanna (Bubble), Ethan HAWKE (Jolly), Kris WU (Sergent Neza), Sam SPRUELL (Général Okto Bar), Alain CHABAT (Bob, le pirate), Rutger HAUER (Le Président de la Fédération Humaine)

Scénario : Luc Besson
D’après les personnages créés par : Jean-Claude MEZIERES, Pierre CHRISTIN
Musique : Alexandre DESPLAT
Photographie : Thierry ARBOGAST

Effets spéciaux : Philippe HUBIN, Jean-Christophe MAGNAUD
Effets visuels : Jérome LIONARD, Scott STOKDYK
Cascades : Laurent DEMIANOFF

Production : Valérian SAS, EuropaCorp, Fundamental Films, TF1 Films Production
Distribution : EuropaCorp Distribution

Synopsis

Au 28ème siècle, Valérian et Laureline forment une équipe d’agents spatio-temporels chargés de maintenir l’ordre dans les territoires humains. Mandaté par le Ministre de la Défense, le duo part en mission sur l’extraordinaire cité intergalactique Alpha – une métropole en constante expansion où des espèces venues de l’univers tout entier ont convergé au fil des siècles pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire et leur culture. Un mystère se cache au cœur d’Alpha, une force obscure qui menace l’existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l’avenir de l’univers.

Valérian ou le retour gagnant de Luc Besson dans le space-opera

Le duo Dane Dehaann/Cara Delevingne fonctionne à merveille
Bienvenue au XXVIII ème siècle

Valérian et Laureline, créés par Christin et Mézières dans les années 60, sont deux personnages qui ont marqué la science-fiction française. Les aventures des deux agents spatio-temporels étaient en avance sur leur temps, aussi bien au niveau graphique que scénaristique. Ainsi, la saga a inspiré bon nombre d’œuvres par la suite (Star Wars en tête), mais n’a jamais été adaptée en film. Vouloir porter ce classique à l’écran était risqué pour Besson, qui s’attaquait là à un monument. Le réalisateur a mis tout son amour, tout son talent et surtout beaucoup d’argent pour nous livrer une oeuvre sincère, belle, inventive, parfois maladroite, mais diablement réussie. Son oeuvre.

Des décors d’une beauté incroyable

L’album L’Ambassadeur des Ombres est ici porté à l’écran. Un opus soigneusement choisi – le premier à avoir été publié hors de France – qui représente un bon point de départ dans l’univers de Valérian. Et Luc Besson ne s’est pas contenté de porter la licence à l’écran, puisqu’il a parfaitement réussi à retranscrire son âme sur la pellicule. Le résultat ? Un film qui sort des canons habituels des blockbusters américains.

Un univers incroyablement inventif

Luc Besson s’est attelé à revisiter un univers de science-fiction qui fête ses cinquante ans cette année. Modernisant nombre d’aspects immanquablement datés, le réalisateur parisien arrive à nous scotcher du début à la fin. Chaque scène, chaque environnement (il y en a beaucoup !), chaque culture alien est un bijou d’imagination, un prétexte de mise en scène qui surprend le spectateur en lui présentant des concepts inédits à l’écran, même si le procédé s’essouffle vers la fin.

Des effets visuels époustouflants

Un univers incroyablement riche qui arrive à s’épanouir sur les deux heures du film, encore plus que pour Le Cinquième Élément. Cette mise en scène grandiloquente a parfois pour conséquence d’écraser un peu des personnages, qui voient alors leur développement occulté par celui du monde en lui-même. Néanmoins, Besson arrive à se raccrocher à l’oeuvre originale et conserve la candeur de Laureline ou le côté goguenard de Valérian. Des personnages loin des carcans Hollywoodiens habituels qui évoluent hélas à travers un récit très classique, sacrifié au profit d’un univers devenu entité à part entière. L’aventure du film n’est en effet composée que d’une succession de péripéties qui n’ont pas forcément pour but de faire évoluer l’histoire principale. Une narration trop conventionnelle, faite de digressions (parfois longues) qui éloignent nos héros de leur but. Si la chose alourdi le schéma narratif sur le papier, elle se rattrape finalement bien à l’écran, tant chaque séquence est pensée pour être une petite histoire à part entière. Le film ne souffre donc pas vraiment de ce découpage.

Valérian n’est pas parfait, loin de là, puisque quelques petites déceptions viennent entacher ce tableau élogieux. Besson a fait le choix de se passer du compositeur Eric Serra, puisque c’est ici Alexandre Desplat qui se charge de la bande-son. Bien qu’efficace, sa partition est malheureusement trop sage pour marquer les esprits. On regrettera également la tendance de Besson à insister sur certains traits d’humour, comme s’il avait peur que le spectateur n’ait pas tout de suite compris. Enfin, les digressions scénaristiques citées auparavant apportent quelques moments de flottement et nous font parfois perdre de vue l’objectif principal de nos héros. Mais le soin apporté à ce grand décorum, qui fait quasiment office de personnage, devrait malgré tout finir de convaincre les amateurs de space-opera.

Verdict

Inventif, beau, et visuellement original, le Valérian de Luc Besson est une réussite qui vient tutoyer les classiques du genre. Bouffée d’air frais dans un paysage de blockbusters SF de plus en plus lisses, il emmène le spectateur dans un univers aussi riche que fascinant. On tient le successeur du Cinquième Élément.

Photographie

Secrets de tournage

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Cinéma
24 août 2017
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